Un "pélerinage photo" personnel et universel à Lourdes

 

Mimi était tombée malade. Lorsque j’ai compris que ma grand-mère n’allait plus vivre longtemps, j’ai voulu faire une dernière chose avec elle. Je savais qu’elle avait fait le vœu de venir ici et que c’était important pour elle. Elle accepta volontiers lorsque je lui proposai de l’accompagner. Mimi est morte avant la date que nous avions fixée pour notre voyage.  J’ai alors décidé d’aller à Lourdes, pour elle, avec mon appareil photo.

Michaël Duperrin

 
 

La décision de Michaël Duperrin de réaliser une série de photographies  liées à une disparition qui le touche tout particulièrement impose d’autant plus le respect qu’elles sont d’une pudeur absolue. Qu’elles n’imposent rien, qu’elles ne cherchent en rien à nous apitoyer, à nous faire partager sa peine. Elles sont là comme une nécessité, à un moment particulier de son existence, et j’ai le sentiment qu’elles ne cherchent en fait ni à exorciser, ni à compenser, ni à se substituer à quoi que ce soit. Peut-être même pas à accompagner le deuil. Elles sont là parce qu’elles devaient être. Et qu’il ne pouvait en être autrement.  

Christian Caujolle (extrait de la postface de En son absence, paru aux éditions Séguier en 2010)