«Nous reprenons la mer, l’âme en peine, heureux d’être vivants, mais pleurant nos compagnons morts.» (Homère)
A Naples, où a débuté Odysseus, j’ai été frappé par l’intensité de la présence des corps. J’ai commencé à photographier des personnes dont la manière d’être m’interpelle. Je les invite à poser selon un protocole simple : debout face à moi, sans expression particulière, en respirant profondément jusqu’à sentir leur souffle dans le sol.
Je ne m’attendais pas à ce qu’à leur présence physique se mêle une part d’absence, un ailleurs irréductible.
Ces « portraits d’âmes » sont imprimés sur des voiles, comme en écho aux disparus en mer, aux psuchés (en grec : l’âme et le souffle) des défunts qu’Ulysse invoque au seuil des Enfers, au tissage que Pénélope fait et défait des années durant, ainsi qu’aux photographies « spirites » du XIXème siècle.
Installation aux dimensions variables, composée à ce jour de 30 portraits d’anonymes rencontrés lors de mes voyages dans les lieux de l’Odyssée. Impressions numériques sur voilage semi-transparent, fil de fer et fil de nylon.






















